Comment font-ils pour prévoir?

Avant la mécanique, voici l'heure de voyager !
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Re: Comment font-ils pour prévoir?

Messagepar amabrom » 18 Juin 2010 14:18

Bravo, beaucoup d'émotion, de vécu, dans ce post...

Pour moi, partir, c'est d'abord la naissance d'un projet, sa préparation qui est essentielle, puis enfin le jour du départ... Peu importe la manière de voyager, le départ est l'essentiel du voyage. Après on est pris dans la tourmente du quotidien, des improvisations et surprises du voyage. Une machine à laver qui nous remue jusqu'à la fin...

Le plus dur dans un voyage est le retour. C'est souvent un atterrissage difficile, surtout s'il est projeté à long terme ou pas du tout envisagé. Le retour à la routine, au formatage comme on le dit si bien ici.

Pour mon premier long voyage (Afrique), les préparatifs ont duré une bonne année, entre la préparation du véhicule, les pièces détachées, les réserves et enfin les économies pour continuer à payer le logement en Suisse, les assurances, etc, etc. Par manque d'expérience, nous nous sommes vite rendus compte que nos préparatifs n'étaient pas les bons et le voyage a pris le visage de l'aventure au quotidien.

Même en couple les choses ne se passent pas comme on le voudrait. Les galères ne sont pas ressenties de la même manière et les tensions souvent fortes. L'expérience enrichi l'esprit, même si elle est mauvaise... Nous sommes repartis plusieurs fois par la suite, sur le sol africain, mieux équipés, plus libres par nos expériences, plus confiants dans nos réactions.

En 1991 lors de la première guerre du golfe, nous étions dans le centre de l'Algérie où on nous menaçait partout de nous égorger à chaque coin de rue des bleds traversés. Pour ne pas gâcher le plaisir de nos vacances, nous avons fuit vers le sud et nous nous sommes retrouvés après un long périple (et informé nos employeurs de longues prolongations de vacances...), au bord de l'océan à Lomé avec plus un sous en poche. C'était un choix de vie, décidé en cours de route. Le voyage nous a emporté et nous nous sommes laissés guidé par nos envies, le destin. Après c'était le Cameroun et la Guinée équatoriale.

C'est ainsi que je conçoit maintenant le voyage : mettre la clé sous la porte, partir... Parfois sans but précis si ce n'est un continent.

"Le temps ne fait rien à l'affaire" chantait Brassens, mais il est important... On ne peut se libérer de nos fardeaux sans disponibilité... Et quand on parvient à se réveiller le matin en ne sachant plus quel jour on vit, c'est le signe que l'on a débrayé, que notre cerveau s'est mis en position "voyage" et que l'on a oublié les m... quotidiennes.

Il est vrai aussi que l'on est né du bon côté de la planète comme il a été dit plus haut ! Et si l'on a un bon job c'est encore plus vrai. Toujours est-il que ceux qui sont nés du mauvais côté, partent sans remords, sans tristesse car ils n'abandonnent pas grand-chose !

Pour conclure mon intervention, le voyage est un truc infiniment personnel. Je n'ai jamais pu voyager en groupe et ne le ferai jamais. Les rares mauvaises expériences faites m'ont démontrés que l'on est jamais mieux servis que par soi-même. Les uns veulent aller à droite, les autres à gauche... Le voyage est ressenti par chacun très différemment, avec d'autres émotions. Certains recherchent la foule, la découverte d'autres populations alors que d'autres se concentrent sur des milieux naturels. Alors pour vivre pleinement son voyage, décidez ce que vous avez envie de faire, et pas forcément ce que les autres veulent faire :mrgreen:

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Re: Comment font-ils pour prévoir?

Messagepar new-one » 29 Juin 2010 10:52

Bonjour

Beaucoup de bonnes et belles choses dans ton inter d'Amabron (les autres aussi d'aileurs).

Je souhaite juste relever ton dernier paragraphe. Il est vrai que nous sommes très individualistes, le genre de projets et de vies que nous menons en est la preuve irréfutable. Comme évoqué, nous avons une façon très personnelle de vivre ces "aventures". Il est donc très difficile de grouper ces individualités fortes et de les souder dans un voyage en commun.

Il y a dans ces départs une sensation de "liberté" donnée par une certaine maitrise du timing au jour le jour, de la direction à prendre, de la durée des stops, etc... Je fais ce que je veux quand je veux..... en gros... ou quand je peux... Je suis le premier à avoir vécu ça comme le plus grand luxe que j'ai pu m'offrir. Mais.... nous sommes aussi des êtres sociaux, capables de vivre en communauté et de faire ce qu'il faut pour que ça marche. Ajoutons que le bénéfice de cette "liberté" c'est d'être cool, ne plus être stressé, que le but du voyage est de prendre du bon temps. Il y a pas mal de raisons d'avoir envie de ne pas se retrouver tout seul au milieu de lieux qui peuvent se révéler difficiles pour des tas de raisons différentes. On n'est pas à l'abri d'un problème qui n'en sera pas vraiment un si on n'est pas tout seul.

Il est probable qu'il faut ne pas négliger "l'art de l'opportunisme" et tabler sur les rencontres de voyages. La mise en commun d'un bout de voyage avec des gens "rencontrés la veille" et qui doivent traverser le même pays ou la même montagne voire le même bout de désert est sans doute une façon de résoudre temporairement la quadrature du cercle. Et si l'expérience est positive elle peut se poursuivre plus longtemps pour le plaisir d'être ensemble. Jusqu'au jour où chacun reprend son voyage sans problème puisqu'il n'y avait pas d'enjeu autre. En attendant la prochaine renconte à un poste frontière, à la station service ou à l'avant dernière oasis.

Pour les voyages de 3 ou 4 semaines (en attendant l'année sabatique ou le grand départ) cette façon de faire n'est pas possible. C'est donc plus difficile... Dans toute "association" les "fiançailles" sont toujours faciles et on ne pense pas à prévoir comment on va se séparer... Le secret doit être là : forger le projet à plusieurs en conciliant ce qui peut l'être et PREVOIR comment on se séparera si les envies et façons divergent en cours de route. En général ça se sent et ça se voit très vite. Si c'est prévu et qu'on a donc bien pesé et assumé le fait de se retrouver seul, bien établi la façon de se séparer, tout ira bien.

Je suis en final bien d'accord sur le fait qu'il faut préparer ses projets en étant autonomes, c'est indispensable, c'est d'un grand confort et ça n'empêche en rien d'être un "être social" pour partager avec d'autres.

Cordialement
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Re: Comment font-ils pour prévoir?

Messagepar geo » 29 Juin 2010 11:23

revedasie a écrit :Quand il y a un "meneur", il a tout intérêt à bien écouter l'autre. Peut-être pas forcément renoncer, mais en tous cas aménager le type de voyage dans la mesure du possible.


L'idéal étant je trouve, lorsque le rôle de meneur tourne ds le groupe (ou le couple)
Untel est bon ds ça, il assume et tire les autres
Untel ça sera autre chose etc... et comme ça, chacun son tour, il/elle est meneur ou mené(e) suivant les envies, les capacités et les contraintes du moment

Et je dirais même que c'est valable partout et tout le temps. :wink:

Bref faut faire tourner quoi :mrgreen:
...pour équilibrer le groupe et que chacun puisse avoir ses moments de réussite personnelle et parallèlement, se savoir à d'autre moments pris en charge par les autres (ou l'autre ici ds le couple).

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Re: Comment font-ils pour prévoir?

Messagepar revedasie » 29 Juin 2010 21:57

Ben oui bien sûr, ça c'est l'idéal, comme dans les contes de fées!...
Mais quand dès le départ, l'idée même du voyage vient de l'un et que l'autre suit sans (se) l'avouer "pour faire plaisir", c'est forcément déséquilibré.
Et quand, du coup, l'autre est mal dans sa peau une fois sur le terrain, le déséquilibre s'accentue...
D'où l'indispensable dialogue DES LE DEBUT DU PROJET.
Mais comme tu dis, c'est valable tout le temps!

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Re: Comment font-ils pour prévoir?

Messagepar amabrom » 30 Juin 2010 12:54

Mais l'idéal n'existe pas... :(

J'ai voyagé une fois en Algérie avec un groupe de copains. Nous nous connaissions très bien depuis de nombreuses années et il n'y avait jamais eu de conflits entre nous. Mais là, après les premiers jours d'euphorie passés (c'était leur premier voyage au Sahara), le ton a changé et après 3 semaines, nous nous sommes séparés car la tension devenait trop grande.

Ces quelques déceptions m'ont renforcés dans le fait de voyager seul et profiter des rencontres faites en chemin pour traverser un obstacle particulier ou le soutien d'un second véhicule est fortement recommandé.

J'ai lu, new-one, que tu as pas mal navigué. Alors souviens-toi que les plaisanciers pratiquent volontiers de même pour une longue ou difficile traversée. J'aime cet esprit de partager certains moments forts avec des gens de la route : Le voyage est fait de rencontres, d'adieux et de départs ininterrompus...

Finalement tout çà est effectivement une question de caractère... Certains adorent dominer, d'autres détestent l'être alors que d'autres ne peuvent rien accomplir sans être pris sous les ailes protectrices d'un chaperon.

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Re: Comment font-ils pour prévoir?

Messagepar new-one » 02 Juil 2010 12:41

Bonjour ... et suite...

Je crois que "ces responsabilités" tournantes se mettent en place automatiquement (c'est naturel et ce serait stupide de ne pas profiter du savoir des autres) en fonction des capacités de chacun... SI ... ça se passe bien. Mais la réussite d'un voyage ne peut s'hypothéquer sur une "nécessaire mise en commun", ce doit être un "sous produit" et non une condition préalable car en cas d'éclatement ce serait une cata.

Je n'ai jamais voulu faire de traversées océaniques à plusieurs bateaux (même pas à deux). Je ne crois pas qu'on puisse faire de comparaison, la mer et la terre ne se gérent pas de la même façon. Mais il peut y avoir un état d'esprit identique ou équivalent. Ma philosophie nautique étant que la sécurité au large sur un petit voilier ne peut venir absolument que de soi même. Il y a même bon nombres de facteurs aggravant si on fait des traversées en "groupage" (ce qui est d'ailleurs très difficile sans moyen de communication sophistiqué) Par contre se grouper pour aller musarder le long de côtes inhospitalières pour, en autres, assurer une surveillance tournante des bateaux au mouillage, ou tout simplement être mieux respectés par l'aspect "forces en commun" c'est utile, efficace et ça enléve beaucoup de stress. Celà se fait par l'opportunité des rencontres et l'organisation de petits programmes communs liés à un objectif bien ciblé. Ceci ne m'a pas empêché d'avoir des "rendez vous" avec des bateaux amis de rencontre. Nous avons réussi ainsi à vivre en commun beaucoup de chose sur un quasi 1/2 tour du monde (5 bateaux concernés à des moments différents, des lieux différents, rarement les 5 ensemble mais se retrouvant ici et là pour de nouveaux partages temporaires). Ces "rendez vous" ne comportaient jamais d'obligation ni de dates contraignantes. Le plus grand risque en mer est de devoir respecter une date. On est obligé dans ces cas de négliger des paramètres cruciaux pour la sécutité. Certains paramètres peuvent sembler annodins, ce dont il faut beaucoup se méfier car les paramètres annodins peuvent s'empiler les uns sur les autres à un moment donné pour aboutir à des situations très graves.

On doit impérativement partir quand tous les paramètres sont favorables. Et surtout, on doit pouvoir faire demi tour si "on sent pas le truc" ou changer tout le programme, y compris en cours de route, pour "reprendre la main". Il m'est souvent arrivé de le faire. J'y ai trouvé une immense satisfaction, voire fierté, avec en prime une sensation épanouie de mettre en premier le "bien vivre".

Cette vision est bien sûr personnelle, celle de ma façon de voyager et de voir les choses de la vie. Je n'ai aucun récit palpitant à narrer pouvant faire montrer l'adrénaline...
Il me faudra quelques années de pratique pour adapter ma philophie sur terre avec un camping car 4x4, comprendre et connaitre cet environnement différent de celui que j'ai pratiqué.

On peut faire le lien avec les mentions "d'échec" figurant dans ce post. Je ne crois pas que renoncer, stopper, différer soit un échec. C'est aussi très "formateur" et enrichissant. Dans ce même registre, des tas de couples se séparent en vivant une vie dite "pépére", en ayant jamais fait la moindre traversée qu'elle soit nautique ou terrestre. Et je connais pas mal de couples ayant vécu de nombreuses années sur l'eau avec des tas d'aventures qui finissent aussi par se séparer alors qu'on pouvait immaginer qu'ils avait construit ainsi une relation du genre "béton armé à toutes épreuves".

Je vais aller faire un peu de polyester pour la cuve de mon frigo.... occupation plus "terre à terre" :) On ne peut pas être que dans le rêve... encore que... les mains dans la résine ou les fils électriques soit une bonne part du rêve à déguster aussi.

Cordialement
Yves
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Re: Comment font-ils pour prévoir?

Messagepar Jacomo32 » 02 Juil 2010 14:40

new-one a écrit :On doit impérativement partir quand tous les paramètres sont favorables. Et surtout, on doit pouvoir faire demi tour si "on sent pas le truc" ou changer tout le programme, y compris en cours de route, pour "reprendre la main". Il m'est souvent arrivé de le faire. J'y ai trouvé une immense satisfaction, voire fierté, avec en prime une sensation épanouie de mettre en premier le "bien vivre".


Bravo Yves pour ta sagesse ! Tu sembles bien mener ta barque.

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