Truckistan : du soleil dans ton écran !

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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar coriolis » 22 Mars 2015 21:42

Pacha a écrit ::thanks: Totalement "accro" à ton récit... bien écrit, haletant... encore, encore !!

:mrgreen:

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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar sebidon » 23 Mars 2015 09:19

c'est une histoire passionnante à lire, seule ombre au tableau c'est du live et non une fiction, ce qui douche un peu l'ambiance.

je pense à vous courage !

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Pacha
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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar Pacha » 23 Mars 2015 10:03

Heuu, c'est pas du "live", c'est du passé, bien terminé puisque le narrateur est là pour raconter... et bien le raconter en plus !! Belle plume... et merci de partager tes aventures et tes expériences.

:mrgreen:
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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar Noich' » 23 Mars 2015 10:39

Hello,

Un grand merci à vous qui m'adressez ces messages ici, par MP ou sur le chat :wink:
Ça me touche d'autant plus que c'est une histoire très personnelle et qui a été une étape importante de ma vie, j'ai pas mal hésité à la publier donc je suis content qu'elle vous plaise (d'autant plus que ça fait quand même quelques pavés à lire) !
Episode suivant demain soir !
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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar Pat 25 » 23 Mars 2015 13:59

C'est vrai que ca fait de belle tartine, mais ça se lit a une vitesse surprenante.

Merci de nous relaté ces faits qui nous tiennent bien en halène . 8)

Vivement la suite.

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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar gradateur » 23 Mars 2015 14:36

y'a combien de saisons?
:mrgreen: :lol: :mrgreen:

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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar Noich' » 23 Mars 2015 15:20

Prison Break en Ukraine :mrgreen:
Une seule ça m'a suffit, reste 3 épisodes :wink:
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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar deniba » 23 Mars 2015 17:22

passionnant ton récit !
j'attends la suite moi aussi avec impatience ... surtout si la fin est une happy end !

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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar nh3 » 23 Mars 2015 17:44

Moi aussi, impatient de connaitre la suite !
Ayant passé la douane ukrainienne plus de dix fois, j'arrive bien à m'imaginer le début de l'histoire, pour la suite je connais pas, j'ai juste été menacé d'aller en prison car je ne voulais pas payer pour une conduite en état d'ivresse avec 0,01g. ( payé 200€ )
Depuis une bonne dizaine d'année que je vais là-bas, la corruption des policiers a bien diminué, pour mon dernier voyage, 3500km dans le pays, un seul contrôle et ils ne m'ont même pas demandés d'argent !

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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar Noich' » 24 Mars 2015 20:47

Le lendemain matin je reçois un appel des policiers qui me préviennent qu'ils passeront nous chercher Seb et moi dans 10 minutes. Nous descendons donc les attendre à la réception, grimpons dans la voiture quand ils arrivent et ils me préviennent : regardez la route, la prochaine fois vous devrez venir par vos propres moyens. Arrivés sur place nous sommes introduits dans le bureau de l'agent chargé de l'enquête où nous rencontrons Natalyia, notre nouvelle interprète. Et on reprend tout à zéro : nom, prénom, adresse, profession, nom des parents, etc. Et comme avec les douaniers, je refuse de reconnaître avoir introduit quoique ce soit d'illégal car ce n'est effectivement pas le cas. Puis j'essaye à mon tour d'obtenir des informations : que va t-il se passer ? Combien de temps allons-nous rester ici ? Que risquons-nous ? Ces questions restent lettres mortes : soit je n'obtiens aucune réponse, soit elles sont très vagues. Et je commence à saisir que cela ne vient pas uniquement d'une mauvaise volonté de l'inspecteur, mais aussi du fait que beaucoup de choses semblent lui échapper. Je commence à percevoir l'étendue du flou et des méandres du système policier et judiciaire local, et c'est pour le moins angoissant. Rien ne semble solide et fiable, tout est approximatif, soumis au jugement et au bon vouloir de tel maillon de la chaîne, bref je comprends que le dossier a toutes les chances de s'éterniser. Vient ensuite le tour de Seb de se faire interroger, et là c'est la catastrophe : l'agent réussit à le mener où il veut grâce à un interrogatoire bien ficelé, et Seb s'embrouille totalement dans sa ligne de défense qui était de prétendre ne pas savoir qu'il faisait quelque chose de répréhensible par la loi en faisant entrer une si petite quantité de drogue douce sur le territoire ukrainien. A sa décharge sa situation est bien plus difficile que la mienne : il est clairement coupable, et ayant déjà eu un déboire du même acabit en France je ne me laisse plus aussi facilement déstabiliser. Bref je coupe Seb à plusieurs reprises dans ses réponses, tente de répondre à sa place mais c'est inutile : le policier finit par m'intimer le silence, et la seule conséquence sera que nos prochains interrogatoires se feront séparément.
Quand cette pénible séance se termine enfin, le fonctionnaire nous indique que mon fourgon va être rapatrié du parking des douanes où il se trouve actuellement dans la cour d'un bâtiment du SBU où il sera mis sous scellés. L'interprète va donc nous y conduire pour que nous puissions y prendre des affaires. Arrivés sur place nous sommes accueillis par 3 douaniers en uniforme, dont l'un est passablement éméché et hilare. Il se désintéresse totalement de Seb et moi pour faire une cour aussi tactile que lourdingue à Natalyia, qui le repousse tant bien que mal et nous explique très gênée qu'aujourd'hui c'est son anniversaire, d'où son état. Nous sommes ensuite conduits au fourgon pour y récupérer ce que nous avons à prendre, et repartons chargés de ce que nous avons pu fourrer dans des sacs plastiques.
Nous voici donc de retour à l'hôtel, nous restons dans la chambre à regarder des films, je n'ai envie de rien d'autre que de me changer les idées et d'éviter de penser de toute façon. Puis nous irons manger dans le petit restaurant voisin de l'hôtel, et cela sera notre seule sortie de la fin de journée.

***

Le jour suivant est le 5e depuis notre arrivée dans le pays, et nous sommes dimanche. Nouveau coup de fil du SBU pour un nouvel interrogatoire à 11h, nous nous préparons et nous y rendons en taxi. En effet Uzgorod est une ville étendue, de plus de 120.000 habitants, les distances sont donc assez importantes et l'absence de panneaux indiquant les noms des rues rend l'orientation plus que difficile. Le trajet me permet de découvrir les joies du taxi ukrainien; certes il est très bon marché, mais : la voiture est dans un état parfois précaire, il vaut mieux connaître le prix de la course avant d'embarquer au risque de surprises au moment de l'addition, et le chauffeur roule à tombeau ouvert, slalomant allègrement entre les nombreux obstacles (toutes sortes de véhicules motorisés ou non, énormes nids-de-poule, etc.) qui l'amènent parfois à se retrouver sur l'autre file et à y rouler à contre-sens. Et le comble, c'est que le chauffeur se vexe quand je mets ma ceinture, dont le port n'est pas obligatoire en Ukraine !
Suite au déroulement de l'interrogatoire de la veille, à notre arrivée Seb est emmené dans le bureau de l'agent mais on m'indique de patienter sur une banquette dans un vestibule sans fenêtre où je suis seul, je serais interrogé ensuite. Je ne m'y attendais pas du tout, du coup l'attente s'avère très longue étant donné que je ne sais pas du tout quoi attendre de cette nouvelle convocation et que je n'ai rien à faire pour tuer le temps. On m'appelle enfin au bout d'une heure, c'est le même policier qui me reçoit toujours accompagné de l'interprète et d'un nouveau personnage entré en scène : notre avocat. Commis d'office, il parle à peine anglais ce qui rendra la communication très difficile pour les fois où nous le rencontrerons sans que l'interprète ne soit présente. Quoiqu'il en soit nous n'avons pas le choix, il nous est interdit de nous faire assister par un avocat français...
Aujourd'hui il y a du changement : les résultats des analyses de sang ayant été négatives (mais positives pour mes 3 compatriotes...), je ne suis plus considéré comme coupable mais comme témoin. Cependant l'espoir que fait naître pour moi cette nouvelle est de courte durée étant donné la réalité de l'administration : je "devrais" récupérer mes papiers "entre 1 et 3 jours", suite à quoi je "devrais" pouvoir quitter le territoire... Avec un autre nuage pour obscurcir un peu plus le tableau : le juge en charge du dossier peut décider de la saisie de mon fourgon étant donné que l'herbe s'y trouvait. Sans compter aussi le fait qu'il va falloir arroser le magistrat, c'est ce que nous a indiqué l'avocat, et ça semble être la "procédure" tout à fait habituelle. Outre la perte du camion, sa confiscation engendrerais aussi un nouveau problème : je ne peux pas franchir la frontière à pied (ça nous est interdit). Il faudra donc trouver un moyen pour contourner le problème, en prenant un car vers la Slovaquie par exemple, ou encore en rejoignant Kiev pour en repartir en avion vers la France, mais personne ne semble sûr que ces solutions seront les bonnes, pas même l'inspecteur du SBU puisque le problème sera à nouveau du ressort des douanes.
Quand je sors du bâtiment, je me sens complètement vidé, abasourdi par toutes ces nouvelles questions auxquelles je n'ai aucune réponse ferme, aucune solution tangible en vue. En sortant je me dirige vers le centre-ville, j'ai besoin de marcher pour m'aérer l'esprit, et je n'ai pas envie de rentrer à l'hôtel car la situation avec Seb devient tendue : je commence à laisser libre cours à la colère de me retrouver dans cette situation qui devient de plus en plus angoissante, et je suis passablement énervé de devoir tout gérer : coups de fils à l'ambassade, rendez-vous avec l'interprète, etc. Je trouve donc une pizzeria où je m'installe en terrasse, et vis une scène qui achève de me grever le moral : alors que je suis en train de manger, un gamin de 3 ou 4 ans crasseux au possible vient mendier une part de ma pizza. En effet comme nous l'expliquera Natalyia (qui travaille en fait avec une ONG suisse, et qui a été recrutée sans qu'on lui demande vraiment son avis pour assurer ce service auprès de nous), beaucoup de migrants clandestins d'Asie centrale et du Moyen-Orient qui tentent d'entrer en Europe essayent de passer par cette zone, et les candidats malheureux au passage de frontière vers l'UE se retrouvent bloqués ici sans aucune structure d'accueil pour les loger ou les nourrir, sans aucun droit, et ne pouvant travailler on les voit errer dans un état de misère et de dénuement le plus total. A propos de misère, elle est omniprésente où nous nous trouvons. Au cours de notre voyage nous avons souvent été confrontés à la pauvreté et à la précarité, mais pas à une misère aussi généralisée.
Ma colère un peu passée, je rejoins Seb et nous décidons d'aller rendre visite à Franck et Marion qui ont dû louer un appartement à l'autre bout de la ville (aucun hôtel n'acceptant leur chienne). Je hèle un taxi et lui montre l'adresse de l'hôtel que j'avais eu la précaution de faire noter sur un carnet par la standardiste avant de partir. En effet c'est la première fois que je me retrouve dans un pays utilisant l'alphabet cyrillique et l'adaptation est pour le moins difficile. Par la suite je prendrais cette habitude de tout écrire, ainsi qu'une traduction phonétique en alphabet latin : l'adresse de Franck et Marion, de l'hôtel, certaines rues du centre-ville etc. Seule l'adresse du SBU n'est pas nécessaire : tout le monde en ville a l'air de connaître l'emplacement du bâtiment...
Le couple ayant les mêmes moyens financiers que nous, leur appartement est à l'avenant de notre hôtel. Situé dans une barre d'immeubles couleur béton et totalement vétuste, ils se sont installés au mieux dans leur petit 2 pièces. Si l'électricité semble fonctionner à peu près normalement, ils ne disposent d'eau courante que 2 heures matin, midi et soir. Ils profitent donc de ces moments pour remplir plusieurs récipients afin d'avoir de l'eau pendant les "heures creuses" (pour la gamelle du chien, la chasse d'eau, se laver les mains etc.).
Nous faisons le point sur nos dossiers respectifs, et ayant enfin suffisamment de temps et d'intimité nous discutons à bâtons rompus de la situation. Rongée par l'angoisse, Marion est de nous 4 celle qui vit la situation le plus difficilement : elle dort très peu et mange de même, la boule au ventre qui ne la quitte plus lui coupe la faim et rend son estomac intolérant à toute nourriture. Nous dînons ensemble le soir, et les quittons vers 22h.

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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar alain » 24 Mars 2015 22:52

Hello Olivier,

Bravo pour avoir mis en belle écriture "ces moments difficiles" de ton voyage, qui rendent compte à la fois d'un autre monde et d'une autre conception à quelques pas de chez nous !!!!!......sur le continent Européen ...!!!!!

Félicitations pour avoir mis en ligne ce récit-témoignage en espérant qu'il soit remarqué .

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Dernière édition par alain le 26 Mars 2015 12:10, édité 1 fois.

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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar Jean-Louis » 25 Mars 2015 08:36

bonjour Olivier
merci de nous faire vivre ce moment difficille de ta vie et de celle de tes compagnons,l'avantage, puisque tu la raconte, c'est que tu t'en est sorti
ce qui fait le plus souffrir je pense, c'est qu'étant innocent tu est pris pour un coupable !
bon j'attend la suite
amitié jean louis

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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar Noich' » 27 Mars 2015 23:14

Merci encore à vous Denis, Raphael, Alain !
Jean-Louis en effet tu as mis le doigt dessus, ce sentiment d'injustice aura été finalement le plus pénible à digérer, impossible d'accepter sa situation dans ce cas-là.
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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar Noich' » 27 Mars 2015 23:15

Le 6e jour, nous sommes à nouveau convoqués par le SBU. Ayant prévu le coup pour combler le temps d'attente (Seb étant interrogé en premier), j'ai amené avec moi le seul livre dont je m'étais muni lorsque nous avions pu aller récupérer des affaires au camion. Mais Les Possédés de Dostoïevski n'était peut-être pas le choix le plus approprié, nous avons déjà notre lot de souffrances et de rédemption !
Quand vient mon tour l'interrogatoire ressemble à peu de choses près à celui de veille, il commence même par l'énumération de mes nom, prénoms, date de naissance etc. Il en sera d'ailleurs de même pour celui du lendemain, seul le 8e jour sera pour moi exempt d'audition. Pendant ces 3 jours (6e, 7e et 8e), nous nous installons dans une sorte de routine : je me lève tôt car je n'arrive pas à dormir, je me douche, quitte l'hôtel et Seb dont le sommeil ne semble pas du tout affecté par la situation. Je vais prendre un petit déjeuner, me rends au cyber café, tente de me promener pour marcher et ainsi me changer les idées, me rend aux rendez-vous fixés par le SBU, et finis presque invariablement chez Franck et Marion avec qui nous allons faire des courses en prévision du repas à venir. Eux sortent très peu de leur appartement : mon physique et mes cheveux coupés ras de ne me différencient pas beaucoup des ukrainiens, je peux donc me balader à peu près incognito dans cette ville qui ne voit quasiment jamais passer de touristes. Pour notre couple de compagnons d'infortune c'est une autre histoire : les cheveux bruns et coiffés tous les deux de dreads, ils attirent immédiatement les regards à chaque sortie, et ceux-ci ne sont pas toujours empreints de sympathie. Il en va de même au supermarché où nous allons faire nos courses : à peine entrés, le vigile en faction à la porte quitte immédiatement son poste pour nous suivre tout le long de nos achats, sans prendre la peine de se faire discret le moins du monde. Bien au contraire il nous file le train bras croisés à même pas 3 mètres de nous, autant dire que l'ambiance est sereine pour faire les courses... Si nous jouons parfois un tour au "gros Boris" comme nous l'avons surnommé en nous séparant subitement ou en regardant toutes les marques différentes d'un aliment pour le faire poireauter, nous évitons de pousser trop loin la plaisanterie : il n'a vraiment pas l'air commode et nous avons assez de nos ennuis avec les autorités !
Mais ces 3 jours sont aussi marqués par une angoisse qui devient de plus en plus difficile à supporter : rien n'avance pour aucun de nous et les journées sans interrogatoire au SBU ou sans coup de fil de l'ambassade, de l'avocat ou de l'interprète sont les pires. Le temps semble s'étirer indéfiniment et quand un téléphone sonne enfin nous sommes pendus aux lèvres de l'interlocuteur. Il en va de même pour mes parents : ma mère n'en dort plus, elle imagine le pire et pense à toutes sortes de solutions...dont celle de me rejoindre à Uzgorod (sans m'en informer bien sûr, sachant que j'aurais refusé). Un jour qu'elle pose la question sur un forum Internet pour savoir comment s'y rendre, la personne qui lui donna les indications qu'elle cherchait finit sa réponse par cette phrase : "Si ce n'est pas indiscret, pourquoi cherchez-vous à vous rendre à Uzgorod ? En général on cherche plutôt à en partir...".
Malheureusement au cours de ces journées faux espoirs et nouvelles contradictoires s'enchaînent ce qui nous plonge dans la confusion la plus complète, aucun de nos interlocuteur ne voulant (pour les uns) ou ne pouvant (pour les autres) nous donner d'information fiable ou de date précise. Un jour Natalyia, lors d'une des conversations que nous avions lors des trajets en voiture quand elle me raccompagnait après mes interrogatoires, eut cette réflexion " Tu vas vite te rendre compte que notre sport national en Ukraine, c'est l'attente". Pour ma part j'étais censé au cours de ces 72 heures récupérer mes papiers et ainsi commencer à entrevoir le bout du tunnel. ça a été un véritable supplice de voir toutes ces heures s'égrener une à une sans recevoir la moindre nouvelle. De plus n'ayant aucun interlocuteur anglophone au SBU nous devions sans cesse passer par l'interprète pour essayer d'avoir des informations. Malheureusement, malgré toute la bonne volonté dont elle faisait preuve ce rôle qu'on lui avait imposé venait en plus de ses propres obligations professionnelles, et il lui arrivait parfois de ne pas pouvoir y déroger pendant de longs moments avant de pouvoir nous consacrer un peu de temps.

***

Le 9e jour de notre rétention en Ukraine Seb et moi sommes convoqués dans les locaux du SBU pour une énième déposition. Comme d'habitude Seb passe en premier, et j'attends mon tour en lisant. Pendant cette attente je reçois un SMS de Marie, une amie au courant de ma situation qui me demande des nouvelles. Je lui répond, désabusé, que nous sommes entendus une fois de plus et que cela ne changera rien, les choses n'en avanceront pas plus. Mais alors qu'arrive mon tour d'être entendu, coup de théâtre : a l'issue de mon interrogatoire et sans que rien n'en laisse présager l'issue l'inspecteur me tend mon passeport et me dit : "Tiens, tu es libre" !
Blasé de ce genre de vrais-faux espoirs je ne prend même pas ma pièce d'identité qu'il me tend, je n'y crois plus. Je jette un regard interrogateur à Natalyia en lui demandant si c'est encore une bonne nouvelle qui ne sera valable que jusqu'à ce que l'on m'annonce son contraire mais elle me répond que non, je vais vraiment pouvoir quitter l'Ukraine, l'agent du SBU l'a certifié ! J'en ai la tête qui bourdonne, j'ai du mal à y croire mais cette fois semble être la bonne, je vais enfin pouvoir partir. Je me force à réprimer une terrible envie d'y croire une bonne fois pour toutes, je me réjouirais une fois la frontière passée. Cette bonne nouvelle est aussi contre-balancée par 2 autres questions en suspens : qu'en est-il de mes 3 camarades, et quid du fourgon ?
Pour la première question la réponse est simple : ils sont ici pour au minimum 1 mois (ce qui veut tout simplement dire très longtemps maintenant que je suis initié aux lenteurs de l'administration ukrainienne), et ils risquent gros. Pour ce qui est de mon véhicule, il reste sous scellés jusqu'à l'issue du procès, suite auquel il pourra être confisqué si le juge le décide...
L'audition terminée, je signe quelques papiers dont un stipulant que les charges contre moi sont levées, et que je suis désormais libre. Enfin, libre : libre de m'en aller car l'agent du SBU me l'a clairement signifié, maintenant je dois quitter le territoire.
Quand je sors du bureau je n'arrive toujours pas à me réjouir, j'ai pu voir ces 9 derniers jours comme tout était compliqué et comme la moindre démarche pouvait engendrer des complications disproportionnées. Je quitte donc Natalyia qui me dit qu'elle va chercher un moyen de transport et qu'elle me tient au courant rapidement. Ce qu'elle fait : elle me rappelle une heure après pour m'annoncer qu'elle a trouvé un bus qui part vers Bratislava, la capitale slovaque, pour le lendemain 21h50.
Je n'ai qu'un souvenir vague de la fin de cette journée, sans doute à cause de tout ce à quoi je pensais et de tous les sentiments que j'éprouvais, certains très contradictoires : satisfaction vite étouffée par la peur d'un nouveau rebondissement, crainte quant à la réalité du passage en douane le lendemain, sentiment de culpabilité de laisser mes compagnons dans cet enfer... La seule anecdote dont je me souviens est qu'ayant échoué à trouver un sac de voyage en prévision du départ du lendemain, j'arrivais dans le magasin Adidas de la ville (j'étais d'ailleurs surpris d'en trouver un ici ). En arrivant à la caisse avec le sac de sport que j'avais choisi et un maillot de bain (j'avais déjà une idée en tête quant à la suite), la caissière en s'apercevant que j'étais étranger s'adressa à moi avec ses quelques mots d'anglais :
- Vous êtes touriste ? D'où venez vous ?
- Je suis français...
- Que faites-vous à Uzgorod ?
- Oh euh...j'ai eu des petits problèmes...j'ai dû rester ici quelques jours.
- Quel genre de problèmes ?
- J'ai...des soucis avec le SBU.
- Ah. Ok. ça fera 110 hrivnyas.

J'avais déjà remarqué qu'ici tout le monde semblait savoir ce qu'était le SBU de manière très concrète, et là je m'apercevais que c'était aussi le meilleur moyen de clore une conversation. A ce propos, nous avons eu très peu de contacts avec la population locale pendant tout le temps où je restais là-bas. Où que nous allions : faire nos courses, petits restos, cyber café, jamais personne n'a semblé montrer d'intérêt alors que pas une fois je n'ai entendu parler une autre langue que l'ukrainien, ni vu une plaque d'immatriculation étrangère (à part slovaque étant donné la proximité de la frontière) sur un véhicule. A peine si nous arrivions de temps à temps à décrocher un sourire timide.
Nous avons passé la dernière soirée tous les 4, qui s'est déroulée dans une ambiance très contenue : je n'osais pas exprimer la moindre joie par égard à leur situation, et je pense qu'ils étaient un peu mortifiés de me voir partir et recouvrir ma liberté quand les perspectives pour la leur s'annonçaient si mauvaises. J'ai pris quelques messages pour des amis, le numéro de téléphone de la maman de Marion pour l'appeler en rentrant en France et tenter de la rassurer, et Seb et moi sommes rentrés à l'hôtel, où j'ai eu autant de mal à trouver le sommeil que les nuits précédentes.

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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar gradateur » 27 Mars 2015 23:32

ça a du être un des moments les plus complexes a vivre de cette aventure...
qu'on soit coupable ou non ce genre de traitement est nauséabond.

j'attends sagement la suite.
et je suis content de ne plus fumer :mrgreen:

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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar Guy » 29 Mars 2015 10:52

Bonjour Olivier,
Je viens de lire le récit de tes mésaventures et cela m'a rappelé de biens mauvais souvenirs au passage de cette frontière :mrgreen: .
Guy
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Juste après Uzgorod, deuxième ville d'Ukraine nous avons été arrêté pour excès de vitesse (94 au lieu de 70 Kms/h) infraction inventée car nous roulions à 50 Kms/h. Après 30mn de palabres, nous contestons et tentons de leur expliquer que notre véhicule n'est pas une Ferrari, surtout en côte mais rien y fait. Ils nous taxent de 25 €. Le carrefour est à une centaine de mêtres de la frontière, et les policiers vereux attendent les gens qui sortent d'Ukraine pour les délester avant le bureau de change. C'est un vrai racket organisé, attention si vous prenez cette route. 14h frontière. On avait l'impression d'être attendus. Ils nous font passer devant tout le monde, nous mettent sur le côté et la fouille d'Athomax commence, méthodique et acharnée. Ils ont tout sorti, sondé les doubles parroies et voulaient faire venir un garagiste pour démonter la climatisation. Chose que j'ai refusé. Ils ont même fouillé le sac à main de Kathy. Nous n'avons pas compris le but de cette fouille et surtout ce qu'ils cherchaient. Passage obligé chez le vétérinaire afin de faire tamponner le passeport d'Athos (coup de tampon coût 10 €. Nous sommes restés 4h à la frontière.
Suite sur la page Rep. Slovaque

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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar Noich' » 29 Mars 2015 21:27

Bonjour Guy,

Que de mésaventures j'ai pu lire et entendre à propos de cette frontière depuis mon passage...je ne perds jamais une occasion de déconseiller aux voyageurs cet endroit pour passer la frontière, il y en a de bien plus faciles (enfin tout est relatif, ça reste l'Ukraine).
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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar Noich' » 29 Mars 2015 21:28

Le lendemain, 10e jour, je suis mon programme habituel : je ne pars que ce soir ce qui me laisse le temps de boucler mes affaires dans l'après-midi et d'aller passer le début de soirée chez Franck et Marion. Mais à 14h00 alors que je suis en train de manger dans le centre-ville, coup de fil de Natalyia qui m'annonce que le bus est annulé faute d'un nombre suffisant de passagers. Il y en a un autre qui part pour Kosice (ville slovaque distante de 70 kms de la frontière ukrainienne) mais...à 15h30, soit dans 90 minutes ! Je finis de manger en 4e vitesse, hèle un taxi puis, arrivé à l'hôtel je fourre toutes mes affaires dans le sac de sport acheté la veille. Je descend, Natalyia m'attend dans la voiture, elle m'amène à la gare routière où elle m'aide a acheter mon billet et me montre le bus à prendre. Je lui fait mes adieux et essaye de lui donner de l'argent pour tout ce qu'elle a fait pour nous, en vain. Cette fille aura vraiment été merveilleuse, toujours prête à nous rendre service bien que le job d'interprète qu'elle faisait pour nous n'était pas son travail. Tout s'est passé si vite que j'ai tout juste le temps de passer un coup de fil à mes compagnons pour leur annoncer le changement de programme, nous n'aurons même pas eu l'occasion de nous dire au revoir.
En dépit des conseils de ma famille et de l'ambassade qui me disaient d'aller à Kiev (située à 750 km de là) et de prendre l'avion, j'avais choisi de repasser la frontière là où nous étions entrés, m'attendant à des complications bien que l'on m'ait assuré que je passerais en Slovaquie sans problème. Heureuse inspiration ! Arrivé au point de contrôle le bus s'arrête et les douaniers montent pour collecter les passeports des voyageurs. L'attente est insupportable, la chaleur dans le bus doit avoisiner les 40° avec un taux d'humidité digne d'un hammam, nous sommes tous en nage, et moi sans doute un peu plus que tout le monde. Un douanier revient nous rendre les passeports : il donne au passager le plus à l'avant du bus la pile de passeports (et charge à chacun de faire passer en ayant récupéré le sien au passage)...sauf un qu'il garde dans l'autre main et agite en l'air. Je l'entends appeler d'une voix forte "français !?". Je lève la main, il me fait signe de descendre et d'aller récupérer mes bagages dans la soute du bus. Je m'exécute et sors, puis il dit quelque chose au chauffeur, et je vois la porte du car qui se ferme et le véhicule qui s'en va. Le douanier, comme tous ses collègues, ne parle pas un mot d'anglais et ne cherche même pas à m'expliquer quel est le problème. J'appelle Natalyia, lui passe le fonctionnaire qui lui explique : en entrant en Ukraine nous avions fait tamponner nos passeports comme étant en transit vers la Roumanie, à bord de notre propre véhicule, hors là je suis dans un transport en commun et j'essaie de retourner en Slovaquie.
Donc la décision est sans appel : si je dois quitter l'Ukraine, c'est par la Roumanie (située à 150 km de là, sans aucun point de chute proche de la frontière pour moi), autrement il faut entamer une procédure pour annuler ce maudit tampon et me permettre de passer en Slovaquie, procédure qui, m'annonce t-on, prendra au moins deux semaines...ce qui en Ukraine peut vite devenir 2 mois ! J'ai le moral complètement à plat, je regarde mon bus partir et je me dis que visiblement mon séjour n'est pas près de se terminer. C'est là que le miracle se produit : un inspecteur du SBU apparemment assez haut gradé (je le vois pour la première fois en uniforme, le nombre de galons et la déférence dont font preuve à son égard ceux qui le croisent ne laissent pas de doute sur la question) qui avait suivi notre affaire depuis le début et qui m'avait pris en affection du fait de mon innocence (notamment une fois où je l'avais croisé, complètement ivre dans les couloirs du SBU), me voit et me demande ce que je fais là. Informé de la situation, il me prend mon passeport des mains et me dit de ne pas m'inquiéter. Difficile vu la situation, et aussi compte tenu du fait que le précieux sésame récupéré depuis même pas 24 heures est à nouveau entre les mains des autorités. Après 20 minutes d'une attente qui m'a paru des heures, je le vois revenir tout sourire : il me tend mon passeport et me montre le tampon qu'il a ajouté, mais tout est écrit en cyrillique. Je le regarde incrédule, et il me dit "you free, bye bye !". Avant que j'aie pu dire un mot il se précipite vers un autre car qui passait la frontière, l'arrête, vient me chercher et me fait comprendre que je repars avec celui-ci dont la destination est Presov, une autre ville slovaque proche de la frontière. Je le remercie, monte dans le bus et franchit enfin la frontière.
C'est le coeur léger et le sourire aux lèvres que je reviens en Slovaquie, 10 jours après l'avoir quittée. J'ai l'impression que l'on vient de m'ôter le poids de 5 kg qui pesait sur mon ventre depuis notre entrée en Ukraine et j'ai l'impression qu'il me suffirait d'écarter les bras pour m'envoler.

***

Arrivé à Presov en fin de journée je trouve la gare ferroviaire et achète un billet pour un train de nuit à destination de Bratislava où j'arrive le lendemain à 6h00, puis je prends un taxi pour l'aéroport dont les 10 km parcourus me coûteront plus cher que pour parcourir en train les 475 km qui me séparaient de Presov. Là, deux alternatives s'offrent à moi : rentrer ou continuer le voyage.
Retourner en France semble la solution la plus raisonnable et la plus facile, d'autant plus qu'il y a un vol direct pour Paris dans la journée. Seulement nous sommes le 15 août, donc je vais rentrer mais pour faire quoi ? Rentrer chez moi alors que tout le monde est en vacances, et ruminer l'immense gâchis qu'à été cette dérisoire infraction ? Pas question, je ne me vois pas terminer ce voyage préparé pendant 1 an sur un si mauvais souvenir. Par contre, ce 15 août est la date du début du teknival qui doit avoir lui dans le sud de la Bulgarie sur la côte de la mer Noire, teknival qui était le but initial de notre voyage. Un but reste un but, le seul moyen que j'aurais de pardonner par la suite à Seb de m'avoir fourré dans ce guêpier est de mener ma mission à bien envers et contre tout. Ma décision est prise : j'écume les comptoirs des compagnies aériennes jusqu'à un billet pour Burgas en Bulgarie. J'appelle A. et M. , les amis avec qui je voyageait et qui devaient se rendre au teknival pour déjà m'assurer qu'ils y seront, et ensuite les prévenir de mon arrivée. Je n'arrive pas à les joindre : pas grave. J'appelle l'infoline de l'évènement qui ne donne pour toute indication que ce message succinct "c'est sur le même site que l'année dernière", ce qui ne me renseigne pas beaucoup vu que je n'y étais pas : aucune importance, vu là d'où je viens je sens que pourrais franchir n'importe quel obstacle. A mon arrivée en Bulgarie, j'ai un message vocal de mes amis qui me donnent le lieu de la fête, et m'annoncent qu'ils m'y attendent. Une heure de taxi plus tard je les rejoins, les retrouvailles sont chaleureuses et je dois faire le tour des camions pour donner des nouvelles des 3 amis restés en Ukraine. Je m'aperçois aussi que nos mésaventures ont très vite fait le tour du microcosme teknoïde qui s'apprête à faire la fête plusieurs jours au bord de la mer sous un soleil de plomb : tout le monde a déjà entendu parler de notre histoire et me presse de questions.

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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar coriolis » 29 Mars 2015 21:37

Histoire passionnante et sacrement bien racontee, j'en ai les tripes nouees

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Re: Truckistan : du soleil dans ton écran !

Messagepar Guy » 30 Mars 2015 09:41

Noich' a écrit :Bonjour Guy,

Que de mésaventures j'ai pu lire et entendre à propos de cette frontière depuis mon passage...je ne perds jamais une occasion de déconseiller aux voyageurs cet endroit pour passer la frontière, il y en a de bien plus faciles (enfin tout est relatif, ça reste l'Ukraine).


Bonjour Olivier,
Oui, je sais bien tu as raison mais nous n'avions pas le choix car à Oulan-Bator nous avions eu un visa de transit de 10 jours il fallait donc que nous sortions rapidos de Russie, et le plus court chemin était par cette frontière.
Après la douane Ukrainienne nous nous sommes dit, c'est fini. Eh bien non, cela a continué avec les Slovaques :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: .
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Frontière Slovaque. Nous avions 5 cartouches de cigarettes achetées en Ukraine qu'ils nous saisissent parceque nous n'avions droit qu'a 2 paquets par personne. 2h d'attente le temps qu'ils fassent un procès verbal de saisie et un douanier m'accompagne pour ramener les cartouches de cigarettes à la frontière Ukrainienne. Nous sommes fichés comme des grands trafiquants de clopes. Nous avons compris ensuite pourquoi ils sont à cheval sur les cigarettes (prix d'un paquet de Marlboro en Ukraine 0,50 €, 2,80 € en Slovaquie).


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